Qui a inventé la cigarette électronique
Découvrez qui a inventé la cigarette électronique : Hon Lik en 2003, mais aussi les précurseurs Joseph Robinson (1927) et Herbert Gilbert (1963).
La question "qui a inventé la cigarette électronique" revient sans cesse dans les discussions entre vapoteurs. La réponse courte tient en deux mots : Hon Lik, un pharmacien chinois qui a déposé son brevet en 2003. Mais l'histoire complète est bien plus riche, avec des précurseurs visionnaires dès les années 1920 qui avaient imaginé le concept sans réussir à le commercialiser.
Dans ce dossier, vous découvrirez le parcours de Hon Lik, l'invention oubliée de Herbert A. Gilbert, le premier brevet de Joseph Robinson en 1927, et les raisons pour lesquelles la cigarette électronique a mis près de 80 ans à devenir un produit de grande consommation.
Hon Lik, l'inventeur officiel de la cigarette électronique moderne (2003)
Hon Lik (韩力) est un pharmacien chinois né en 1951 à Shenyang. C'est lui qui est universellement reconnu comme l'inventeur de la cigarette électronique telle que nous la connaissons aujourd'hui. Son brevet a été déposé en 2003, et la commercialisation a démarré en 2004 sous la marque Ruyan, qui signifie littéralement "comme la fumée" en mandarin.
Une invention née d'un drame personnel
L'histoire de cette invention est intimement liée à la tragédie familiale de Hon Lik. Son père, gros fumeur, développe un cancer du poumon en phase terminale au début des années 2000. Hon Lik, lui-même fumeur d'environ deux paquets par jour à l'époque, prend conscience du danger et cherche une alternative moins nocive pour les fumeurs.
Selon ses interviews, l'idée lui serait venue lors d'un rêve dans lequel il se trouvait noyé dans la mer. L'eau se transformait alors en brume, ce qui lui aurait inspiré le principe de vaporisation d'un liquide pour remplacer la combustion du tabac. Quelle que soit la véracité de cette anecdote, le résultat est bien réel : il dépose le 17 avril 2003 le brevet chinois CN2719043Y, qui décrit un dispositif électronique capable de vaporiser un liquide nicotiné.
Le premier prototype : ultrasons puis résistance
Le tout premier prototype de Hon Lik fonctionnait avec des ultrasons pour vaporiser le liquide. Ce système, bien qu'innovant, présentait des limites en termes de production de vapeur et de fiabilité. Très rapidement, le principe a évolué vers une résistance chauffante (filament métallique entouré d'une mèche imbibée de e-liquide), qui reste la base du fonctionnement d'une vape encore aujourd'hui.
Pour comprendre l'invention de Hon Lik, il faut retenir trois éléments :
- Une batterie rechargeable
- Une résistance chauffante (l'atomiseur)
- Une cartouche de e-liquide contenant nicotine, glycérine végétale, propylène glycol et arômes
Ces trois composants restent le squelette de tous les modèles vendus aujourd'hui, des pods compacts aux box mods avancés.
Les précurseurs oubliés : Robinson (1927) et Gilbert (1963)
Si Hon Lik est l'inventeur de la cigarette électronique commercialisée, il n'est pas le premier à avoir imaginé le concept. Deux précurseurs ont déposé des brevets bien avant lui, sans jamais parvenir à transformer leur idée en produit grand public.
Joseph Robinson : le brevet de 1927
Le tout premier brevet relatif à un dispositif proche d'une cigarette électronique a été déposé en 1927 par un certain Joseph Robinson, aux États-Unis. Son invention, brevetée en 1930, décrivait un appareil capable de chauffer des composés médicinaux pour les transformer en vapeur inhalable. L'objectif n'était pas de remplacer le tabac, mais plutôt de proposer une alternative aux inhalateurs de l'époque.
Robinson n'a jamais commercialisé son invention. Le brevet est tombé dans l'oubli, et il faudra attendre près de 35 ans pour qu'un autre inventeur reprenne l'idée.
Herbert A. Gilbert : le véritable concept moderne (1963)
C'est l'Américain Herbert A. Gilbert qui imagine en 1963 le concept moderne de la cigarette électronique. Son brevet, déposé en 1965, décrit une "cigarette sans tabac et sans fumée" qui remplace la combustion par de l'air chauffé et aromatisé. Le dessin du brevet ressemble étonnamment à certains dispositifs vendus dans les années 2000.
Gilbert a été approché par plusieurs entreprises souhaitant fabriquer son invention, mais aucun accord n'a abouti. Pourquoi ? Plusieurs raisons :
- Dans les années 1960, le tabagisme est socialement accepté et l'industrie du tabac est extrêmement puissante.
- Les technologies de miniaturisation (batteries lithium-ion, microprocesseurs) n'existent pas encore.
- La pression sanitaire contre la cigarette est très faible à cette époque.
Le brevet expire avant toute commercialisation. Gilbert a été redécouvert dans les années 2000, lorsque la presse spécialisée a commencé à fouiller les archives à propos de Hon Lik. Il a depuis été reconnu comme le véritable concepteur de l'idée originale, même s'il n'a jamais touché un centime de royalties.
De l'invention à la diffusion mondiale : la chronologie
L'invention de Hon Lik ne s'est pas imposée du jour au lendemain. La cigarette électronique a connu une diffusion progressive, marquée par plusieurs étapes clés. Pour une chronologie détaillée, consultez notre dossier complet sur l'histoire de la vape.
2003 à 2006 : la phase chinoise
Après le dépôt du brevet en 2003, Hon Lik fonde en 2004 la société Golden Dragon Holdings, rapidement renommée Ruyan Group Ltd (puis Dragonite International). La première cigarette électronique commercialisée porte le nom de Ruyan V8, vendue uniquement en Chine dans un premier temps. Le succès est modeste mais réel : Hon Lik prouve que son dispositif fonctionne et trouve un marché.
2006 à 2010 : l'arrivée en Europe et aux États-Unis
C'est à partir de 2006 que la cigarette électronique commence à arriver en Europe. La France découvre les premiers modèles vers 2008-2009, principalement via des importations chinoises et quelques pionniers qui ouvrent des boutiques spécialisées. Les premières e-cigs sont rudimentaires : autonomie limitée, vapeur faible, fiabilité inégale.
En 2009, le fabricant chinois David Yunqiang Xiu dépose un brevet pour un "Electronic Nicotine Delivery System" (système électronique de délivrance de nicotine). Contrairement au système initial de Hon Lik, celui-ci repose entièrement sur une résistance chauffante, plus efficace que les ultrasons. Cette évolution technologique marque le début de la cigarette électronique moderne telle qu'on la connaît.
2010 à aujourd'hui : démocratisation et innovation
À partir de 2010, le marché explose littéralement. Les innovations se succèdent :
- Apparition des clearomiseurs (réservoirs transparents) en 2011
- Premiers mods mécaniques et box mods électroniques en 2012-2013
- Développement des résistances sub-ohm vers 2014
- Démocratisation des pods à partir de 2017
- Standardisation des e-liquides (sel de nicotine, ratios PG/VG) à partir de 2018
En 2013, Hon Lik a vendu une grande partie de ses brevets et de ses parts de l'entreprise à Imperial Tobacco (devenu Imperial Brands) pour environ 75 millions de dollars. Une opération qui a fait couler beaucoup d'encre, car elle voyait l'inventeur de l'alternative au tabac s'allier avec un cigarettier historique.
Pourquoi Hon Lik est-il considéré comme "l'inventeur" plutôt que Gilbert ?
Cette question revient souvent. Si Gilbert a conçu le principe en 1963, pourquoi attribue-t-on l'invention à Hon Lik ? Voici les raisons principales.
Un brevet réellement exploité
Le brevet de Gilbert est resté lettre morte. Aucun produit n'a été fabriqué, aucune entreprise n'a vu le jour. À l'inverse, Hon Lik a non seulement déposé un brevet, mais il a également :
- Fondé une entreprise
- Industrialisé la production
- Commercialisé un produit fonctionnel
- Mis en place une chaîne d'approvisionnement
- Construit un marché de toutes pièces
C'est cette dimension entrepreneuriale qui fait de Hon Lik l'inventeur reconnu de la cigarette électronique moderne.
Une technologie viable
Le concept de Gilbert reposait sur de l'air chauffé aromatisé, sans nicotine et sans liquide de vaporisation. Le dispositif n'aurait probablement pas pu satisfaire les fumeurs sevrés, car l'effet "hit" (sensation en gorge) lié à la nicotine était absent.
Hon Lik, au contraire, a intégré dès le départ un liquide nicotiné vaporisé, ce qui permet de reproduire à la fois le geste du fumeur et l'apport de nicotine. C'est cette combinaison qui a fait le succès commercial de l'invention.
Le timing technologique
En 2003, les batteries lithium-ion sont matures, les composants électroniques sont miniaturisés à bas coût, et les chaînes de production chinoises permettent de fabriquer des dispositifs complexes à des prix accessibles. Aucune de ces conditions n'était réunie dans les années 1960.
Foire aux questions
En quelle année a été inventée la cigarette électronique ?
La première cigarette électronique commercialisée a été inventée en 2003 par Hon Lik. Le brevet a été déposé en avril 2003, et la commercialisation a démarré en 2004 sous la marque Ruyan en Chine.
Si l'on remonte aux précurseurs, on peut citer 1927 (brevet Joseph Robinson) ou 1963 (concept Herbert Gilbert), mais ces inventions n'ont jamais été commercialisées.
Qui est Hon Lik et que fait-il aujourd'hui ?
Hon Lik est un pharmacien chinois né en 1951 à Shenyang. Il a fondé Ruyan Group en 2004 et vendu son entreprise et ses brevets à Imperial Tobacco en 2013. Il continue à travailler dans l'industrie de la vape comme consultant et conférencier. Il est régulièrement invité à des congrès sur la réduction des risques tabagiques.
La cigarette électronique a-t-elle aidé son père à arrêter de fumer ?
Malheureusement non. Le père de Hon Lik est décédé d'un cancer du poumon avant que l'invention ne soit aboutie et commercialisable. C'est en partie ce drame qui a poussé Hon Lik à persévérer pour offrir une alternative aux fumeurs.
Pourquoi le brevet de Gilbert n'a-t-il jamais abouti ?
Plusieurs facteurs expliquent cet échec : l'industrie du tabac dominante dans les années 1960, l'absence de pression sanitaire forte contre la cigarette à cette époque, le manque de technologies de miniaturisation (batteries, électronique), et le fait que le dispositif ne contenait pas de nicotine. Aucun fabricant n'a vu d'intérêt commercial à industrialiser cette invention.
La cigarette électronique est-elle reconnue comme un dispositif médical ?
Non. Bien qu'elle ait été inventée à l'origine comme alternative au tabac, la cigarette électronique n'est pas reconnue comme un dispositif médical d'aide au sevrage tabagique en France. Elle est encadrée par la directive européenne TPD2 (Tobacco Products Directive). Pour un sevrage encadré, il est recommandé de consulter un professionnel de santé (médecin, tabacologue) qui pourra évaluer la solution la plus adaptée. La nicotine présente dans les e-liquides reste une substance addictive.
Ce qu'il faut retenir sur l'invention de la cigarette électronique
L'invention de la cigarette électronique est le fruit d'une longue maturation, sur près de 80 ans :
- 1927 : premier brevet par Joseph Robinson (jamais commercialisé)
- 1963 : concept moderne par Herbert A. Gilbert (brevet 1965, jamais commercialisé)
- 2003 : invention de la version moderne par Hon Lik (brevet déposé)
- 2004 : première commercialisation par Ruyan en Chine
- 2006 à 2010 : arrivée progressive en Europe et aux États-Unis
- 2010 à aujourd'hui : explosion technologique et démocratisation mondiale
Hon Lik reste l'inventeur officiel, car il est le premier à avoir transformé une idée en produit industriel viable. Les précurseurs Robinson et Gilbert ont posé les bases conceptuelles, mais il aura fallu attendre la convergence de plusieurs technologies (batteries, électronique miniaturisée, production chinoise à bas coût) et une motivation personnelle forte pour qu'un dispositif fonctionnel voie le jour.
Aujourd'hui, la vape pèse plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'échelle mondiale et continue d'évoluer, avec des innovations régulières dans les matériaux, l'électronique embarquée et les formats de e-liquides. Une trajectoire que ni Robinson, ni Gilbert, ni même Hon Lik à ses débuts, n'auraient sans doute imaginée.
⚠️ Rappel santé : la nicotine contenue dans les e-liquides est une substance addictive. La cigarette électronique n'est pas un dispositif médical de sevrage reconnu en France. En cas de démarche d'arrêt du tabac, il est conseillé de consulter un professionnel de santé.